Dating urii gatchina

Une pauvresse a U'aissée, tendant la main pour se chaull'er à une flamme que l'on devine, statuette de l)Ois, de (_'ornu.

est une bonne chose, ciunme le buste si a^rréalile.

Le soleil règne au milieu de ses tableaux, parmi des nuages déchirés, au-dessus de la plaine vide ; et sur cette lutte des rayons et de la brume plane une harmonie mélancolique. Pourquoi pas r Ce visage de la terre peut être aussi expressif que la physionomie humaine, quand on nous aura enseigné à en comprendre les aspects.J'ai aussi beaucoup aimé l'élégante précision avec laquelle M.Mais, va-t-on dire, la plupart de ces réflexions s'appliqueraient tout aussi bien aux Salons de l'année dernière et probablement à ceux de l'année prochaine. Regardons dans ces Salons tant de jolis portraits fé- minins ; observons comment les bras s'attachent, retom- bent, comment les mains se posent ou comment les doigts s'agitent. Laurcns, comme Malherbe, D'un trait mis en sa place enseigna le pouvoir Et réduisit la hrosfe aux règles du sm^oir. Cet effort vers la solidité, au sortir des fulgurations impressionnistes, recommence assez exactement un autre chapitre de l'his- toire de la peinture ; au xv° siècle, des peintres comme Masaccio et Paolo Uccello s'éprirent de solidité et cherchèrent des impressions de « volumes », tandis que les Giottesques et Fra Angelioo coloraient encore avec des tons brillants, éclatants, mais creux comme ceux d'enluminures agrandies. Boutet de Monvel sont l'un et l'autre dans cette tradition, l'un avec ses ronds et ses bosses. C'est vraiment un sacrifice pénible que celui de la gaieté et de la lumière. Accusés avec énergie, rudes, mais vrais, les deux soldats de Broquet, qui portent dans les boues de la .N'y a-t-il donc pas ici quelques-unes de ces œuvres qui peuvent caractériser l'année 1921 ? (^)ue de formes suspectes, ou gauches, ou franche- ment incorrectes ! Il y a temps pour tout ; nous sommes à une époque où il ne faut pas craindre de citer Boileau. Et l'on vit cette couleur s'éteindre en des ombres énergiques : c'est généralement par l'usage ou l'abus du noir que les peintres ont tenté de donner de la solidité à la matière. Ces rapproche- ments avec l'histoire d'autrefois nous rappellent que la peinture n'invente pas nécessairement parce qu'elle se transforme. Cette remarque n'est pas pour nous décourager du changement, puisque le changement c'est la vie. La beauté inconnue, c'est sans doute la beauté de demain que l'on veut dire. Somme un camarade blessé, n'ont pas démenti dans le bronze le plâtre de 1920 : voilà lune des bonnes œuvres réalistes du Salon.Nous aimons à retrou- ver chaque année le pittoresque d'une province associé au talent d'un artiste; nous nous arrêtons charmés devant les crépuscules du Jura de M. Les peintres n'ont pas seulement anal3^sé et défini les heures du jour et les mois de l'année; ils ont fixé des physionomies géographiques, des personnalités provinciales. La nature n'est pas un modèle tyrannique ; elle autorise toutes les libertés ; elle permet à son portraitiste de ne voir en elle qu'un thème à méditations pittoresques.

Pointelin, comme devant les nocturnes artésiens de M. C'est ainsi que les paysagistes classiques, Poussin ou Lorrain, ne s'astreignaient point à la ressemblance littérale; quelques-uns de nos meilleurs peintres de la nature la contemplent religieusement, mais pour en composer des images fictives ; dans les paysages de M.Grosjean modèle les ondulations de son Jura décoloré. Vizzavona de force de conserver à la figure humaine sa solidité dans un éclairage de feu d'artifice.Une des conséquences de la disparition de la « peinture d'histoire « a été d'enlever au visage humain la prépondérance dont il avait joui jusqu'à ce jour. Ce qui domine, parmi tant de portraits d'hommes illustres et surtout parmi les dames, c'est une élégance fringante qui est certainement chez les modèles, mais qui appartient aussi à la manière de nos peintres. 10 LA REVUE DE L'ART un temps de nervosité pialïante; aux colombes blessées du romantisme ont succédé des petits coqs en colère. Cogné, si divers de tempérament, mais si pleins de pro- messes que leur venue fut saluée avec enthousiasme.I^e visage iunnain aurait donc perdu toute son impt)r- tance chez les peintres, si la clientèle n'était là qui réclame des portraits et même des portraits qui ressemblent. Il nous présente cette année deux Scènes de la vie saha- rienne: des Arabes rapportant un blessé, une vieille femme abandonnée au désert avec un enfant — le thème d'Agar et Ismaid — , et ce sont deux admirables elfets de soleil ou de clair de lune; mais qu'on ne craigne pas de lire les sentiments de ces êtres sur leur visage, et comme ces compo- sitions deviendront émouvantes ! Simon est un des rares peintres de ces Salons qui n'entre ni dans la catégorie des paysagistes, ni dans celle des portraitistes. Quost revient à des efîets que nous avions désap- pris. brables reflets de la peinture impressionniste ; ils retrouvent sur leur palette le blanc tout simplement et ils en usent largement; chez M. 11 a juré de travailler dans l'ombre avant de reparaître. la recherche des grandes masses et la pensée non vulgaire, son Immortnlilé ne plait guère : forte femme trop placide, elle en- levé I par le menton ; un soldat mort et la sen- sation du vide sous les pieds du héros gêne particulièrement.Il serait curieux d'analyser com- ment les portraitistes ont essayé sur le visage humain les manière» LA PEINTURE AUX SALONS successives de peindre la lumière, de voir les formes et les couleurs ; car il montre beaucoup moins de souplesse que les nuages ou les feuillages, et même il n'est pas soluble dans la lumière à reflets changeants de la vision impressionniste. Y a-t-il im^nie ici d'autres figures que nous ayons la curiosité de regarder longuement dans les yeux? Mais pourquoi le domaine des passions humaines doit-il être abandonné à la seule littérature V Ilembrandt et l'oussin, qui étaient aussi des peintres, n'eussent pas compris ce dédain de la « littérature ». Sans nous ramener au monde antique, il ne rejette pas les ambitions de la peinture d'histoire et il nous prouve, comme l'avaient déjà fait Velazquez et même Courbet, que l'on peut faire de la peinture d'histoire avec de l'histoire contemporaine. T'ne ombre légère, d'une pâleur un peu argentée, de l'humidité, un feuillage clairsemé, des gouttes de lumière comme des perles, des formes gracieuses à contre-jour, pures de contours et cependant légères comme la brunie où elles baignent. Pierre, quelques reflets pâles s'elîacent dans sa couleur de plâtre ; chez M. L'un et l'autre suivent la réaction contre l'impressionnisme qui jouait avec les — surtout sensible LA PEINTURE AUX SALOXS 15 dans le tableau de M. En pendant avec cette o Hivre aux volumes lourds mais de pensée !René Ménard tout est vérité quand on analyse; mais on sent la pensée partout présente ; et l'œuvre paraît moins une impression visuelle qu'une méditation antique.